menu
search

Search our website

Au-delà de la matière sèche : pourquoi l’analyse multiparamétrique NIR transforme la nutrition laitière

Dans l’élevage laitier moderne, l’alimentation de précision n’est plus un luxe, c’est une nécessité.

Pendant des années, l’objectif principal de la gestion des rations a été la correction de la matière sèche (MS) pour tenir compte des variations de l’humidité du fourrage.

Bien que cela soit essentiel, le fait de ne connaître que la teneur en MS nous renseigne sur la quantité d’aliments chargée, mais pas sur ce que les vaches mangent réellement. Avec le capteur EVONIR, il est possible d’analyser plusieurs paramètres nutritionnels directement sur la mélangeuse, notamment la protéine brute (CP), les fractions de fibres (NDF, ADF), l’amidon, les graisses et les cendres, en plus de la MS.

Ce passage d’un contrôle nutritionnel à paramètre unique à un contrôle nutritionnel à spectre complet a de profondes implications pour la santé des vaches et la rentabilité des exploitations.

1. La matière sèche seule n’est PAS suffisante

Deux ensilages de maïs peuvent avoir la même MS mais des valeurs nutritionnelles complètement différentes :

Si le régime est corrigé uniquement en fonction de la MS, les deux régimes seront considérés comme identiques, alors que l’ensilage B fournit moins de protéines, plus de fibres et une digestibilité plus faible.

Au fil du temps, ces variations cachées peuvent entraîner un rendement laitier irrégulier, une efficacité alimentaire réduite et un déséquilibre du rumen.

L’ajustement de la matière sèche permet de maintenir la quantité à un niveau constant. La mesure de tous les éléments nutritifs permet de maintenir une qualité constante.

2. Protéine brute : Le moteur de la production laitière

La protéine est directement liée au rendement protéique du lait et aux performances de reproduction.

Une variation de 1 % de la teneur en PC dans la ration totale mélangée (RTM) peut modifier la concentration en protéines du lait jusqu’à 0,1 % (Santos et al., 2018). Les fluctuations non contrôlées de la teneur en PC des fourrages entraînent soit une carence en protéines – limitant la croissance microbienne dans le rumen – soit une suralimentation, augmentant le coût des aliments et les pertes d’azote(MUN).

Evolution de la valeur protéique de l’ensilage de maïs dans le temps, analysée avec EVONIR installé sur une mélangeuse automotrice

En mesurant continuellement la PC, le système NIR permet d’ajuster les sources de protéines, en maintenant à la fois les performances des animaux et l’efficacité environnementale.

3. NDF et ADF : Équilibrer les apports, la digestion et la santé du rumen

Les fractions de fibres – fibres à détergent neutre (NDF) et fibres à détergent acide (ADF) – constituent l’épine dorsale de la stabilité du rumen.

Les recherches menées par Grant et Ferraretto (Cornell PRO-DAIRY, 2020) montrent que chaque augmentation de 1 % de NDF au-dessus de l’objectif peut réduire le rendement laitier de 0,7 à 1,0 kg/jour.

L’analyse des fibres en temps réel permet d’obtenir des niveaux de NDF/ADF cohérents et de corriger de manière proactive la variabilité du fourrage avant qu’elle n’ait un impact sur la vache.

4. Amidon et graisse : maintenir l’équilibre énergétique

L’approvisionnement en énergie détermine le volume de lait et la synthèse des composants. Toutefois, les teneurs en amidon peuvent varier de 3 à 4 % d’une trémie à l’autre (Ferraretto et al., 2019). Une quantité insuffisante d’amidon déprime le rendement laitier ; une quantité trop importante augmente le risque d’acidose. De même, les matières grasses contribuent à la densité énergétique et à la synthèse des matières grasses du lait. La mesure de ces paramètres garantit des rations équilibrées sur le plan énergétique chaque jour, ce qui réduit le stress métabolique et stabilise la production.

5. Teneur en cendres : L’indicateur caché de la qualité des fourrages

Les cendres représentent la contamination du fourrage par les minéraux et le sol. Des valeurs élevées de cendres indiquent la présence de saletés ou de sable, ce qui réduit la digestibilité et peut entraîner une usure mécanique des mélangeurs.
Selon Undersander (UW Extension), chaque augmentation de 1 % de cendres peut réduire la digestibilité de 0,5 %.
Le système NIR embarqué signale instantanément les chargements contaminés, contribuant ainsi à maintenir les normes de qualité du fourrage.

6. Cohérence et homogénéité : les fondements de l’alimentation de précision

Même avec les mêmes ingrédients, les variations quotidiennes de la composition des nutriments peuvent entraîner des pertes de performances mesurables. Bach et al. (2005) ont rapporté que des profils nutritionnels de RTM incohérents se traduisaient par 1,5 L de lait en moins par vache et par jour par rapport à une alimentation cohérente. L’analyseur EVONIR contrôle l’homogénéité du mélange et maintient un apport stable de nutriments à chaque groupe d’animaux.

7. Impact économique et retour sur investissement

Cabrera et al. (2018, J. Dairy Sci.) ont démontré que chaque erreur de 1 % dans la teneur en nutriments de la ration peut affecter le revenu sur le coût de l’alimentation (IOFC) de 15 à 25 € par vache et par mois.
En minimisant la variation des nutriments, les agriculteurs gagnent :

Ces résultats se traduisent par une plus grande rentabilité, une meilleure durabilité et des troupeaux plus sains.

8. Intégration avec le logiciel d’alimentation DTM

Contrairement aux capteurs autonomes qui ne fournissent qu’une correction DM, l’EVONIR de Dinamica Generale s’intègre parfaitement au logiciel DTM Cloud.

Chaque mesure de nutriment est stockée, analysée et comparée dans le temps, créant ainsi un système de traçabilité complet pour la qualité du fourrage et la performance de la ration.

Les agriculteurs et les nutritionnistes peuvent alors procéder à des ajustements fondés sur des données qui améliorent à la fois l’efficacité de la production et les résultats environnementaux.

Conclusion

La correction de la matière sèche est la première étape vers une alimentation de précision , mais l’analyse multiparamétrique NIR est ce qui la définit vraiment.

En mesurant simultanément la teneur en protéines, en fibres, en énergie et en minéraux, les agriculteurs peuvent formuler des rations stables sur le plan nutritionnel, équilibrées sur le plan biologique et optimisées sur le plan économique.

Prenez contact avec nous